Un projet d’une autre époque

Cette ligne est un vieux projet : c’est dans les années 1980 et 1990 qu’elle a été imaginée. A cette époque (où le climat n’était pas vraiment une préoccupation) on prévoyait que le trafic de marchandises allait exploser entre la France et l’Italie. Sauf que… cette explosion ne s’est jamais produite, le trafic total sous les tunnels du Mont Blanc et du Fréjus a même diminué (voir « le Lyon Turin existe déjà »).

Le report modal tout de suite, pour atteindre la sobriété rapidement

Partout, avant tout projet, une logique s’est maintenant imposée : Eviter, Réduire, Compenser. La compensation n’arrive qu’en dernier lieu, uniquement s’il est impossible d’éviter ou de réduire. Appliquée au Lyon – Turin, cette logique permet de montrer que les efforts devraient se concentrer sur la diminution du trafic et sur le report modal immédiat de ce qui ne peut pas être réduit. Dans un contexte où la relocalisation est devenue une priorité, cette logique est d’ailleurs déjà enclenchée et ne peut que s’amplifier, rendant totalement inutile ce projet qui vise à « agrandir les tuyaux ».

A l’évidence, la société va plus vite que les méga-projets : les fondements historiques et philosophiques de ce projet sont bien plus anciens que les préoccupations contemporaines. Qui peut encore défendre l’idée d’échanger toujours plus de marchandises, de faire croitre le trafic voyageur et fret quelque soit le coût pour la planète ? Les réalités d’aujourd’hui s’imposent à tous et nous indiquent le chemin de la sobriété des modes de vie : ce n’est pas d’infrastructures géantes dont on a besoin !

Le projet dans sa globalité : 270km de dévastation des territoires

Le débat public n’a jamais eu lieu

Concernant le Lyon-Turin, le débat public tel qu’il est prévu par la loi n’a jamais été organisé. La seule concertation a eu lieu en 1993, mais à l’époque on parlait d’un projet très différent du projet présenté à l’enquête publique de 2012.

Un simulacre d’enquête publique

L’enquête publique du Lyon-Turin a eu lieu en 2012. En guise d’enquête publique, ce fut une mascarade : dossier de 5 000 pages consultable seulement aux heures d’ouverture des mairies, présentation de présentations fantaisistes, illisibilité de certains documents, absence de réponses aux questions posées par le public… sans oublier les conflits d’intérêts impliquant certains enquêteurs. Les conclusions de l’enquête publique étaient écrites à l’avance.

Lire à ce sujet l’article du 6 novembre 2014 dans Libération.